Guide juridique 2026

Mentions obligatoires sur une quittance de loyer : ce que la loi impose

Une quittance de loyer n’est pas un simple reçu rédigé à la main. Elle doit respecter des règles précises fixées par l’article 21 de la loi du 6 juillet 1989. Cette page détaille chaque mention obligatoire, celles qui sont recommandées sans être imposées, et les erreurs qui peuvent rendre un document inutilisable dans vos démarches administratives.

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Base légale claire

Chaque mention est rattachée au texte de loi qui la fonde, sans jargon inutile.

Obligatoire vs recommandé

On distingue ce que la loi exige de ce qui est fortement conseillé en pratique.

Valable pour tous les baux

Location vide, meublée, colocation ou bail mobilité : les règles s’appliquent de la même façon.

Ce que dit la loi sur les mentions obligatoires

L’article 21 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 est le texte de référence en matière de quittance de loyer. Il précise que le bailleur est tenu de remettre gratuitement une quittance au locataire qui en fait la demande, dès lors que le paiement a été effectué en totalité. Ce même article impose que la quittance distingue le montant du loyer de celui des charges récupérables.

La loi ne dresse pas de liste exhaustive de mentions obligatoires mot pour mot. Elle fixe une obligation de résultat : le document doit permettre d’identifier sans ambiguïté qui a payé, à qui, pour quel logement, pour quelle période, et pour quel montant détaillé. C’est à partir de cette logique que les mentions ci-dessous ont été établies par la pratique juridique et la jurisprudence.

Depuis la loi Habitat dégradé du 9 avril 2024, le refus de délivrer une quittance est devenu une infraction pénale. Un bailleur qui refuse sans motif valable s’expose à jusqu’à un an d’emprisonnement et 20 000 € d’amende, voire 100 000 € s’il s’agit d’une personne morale. Autant dire qu’une quittance bien rédigée protège les deux parties.

Les mentions obligatoires une par une

Voici ce que doit impérativement contenir une quittance de loyer pour être conforme et acceptée comme justificatif dans toutes vos démarches — administratives, bancaires ou locatives.

Obligatoire

Nom et prénom du bailleur

Le bailleur doit être clairement identifié. Pour une SCI ou une agence, c’est la dénomination sociale qui s’applique. Un simple « le propriétaire » ne suffit pas.

Obligatoire

Nom et prénom du locataire

Le locataire titulaire du bail doit être nommé. En colocation avec bail solidaire, tous les signataires du bail peuvent figurer, mais la quittance peut aussi être établie au nom de l’ensemble.

Obligatoire

Adresse complète du logement

L’adresse du bien loué doit figurer en entier : numéro, rue, code postal et commune. Une adresse incomplète rend le document non exploitable comme justificatif de domicile.

Obligatoire

Période de location concernée

La quittance doit indiquer la période couverte par le paiement, par exemple du 1er au 31 janvier 2026. Une période imprécise ou absente invalide pratiquement le document.

Obligatoire

Montant du loyer hors charges

L’article 21 impose expressément de distinguer le loyer des charges. Le montant du loyer principal doit donc apparaître séparément, et non fondu dans un total global.

Obligatoire

Montant des charges récupérables

Le montant des charges doit figurer séparément du loyer. Si les charges sont nulles, il est préférable de l’indiquer explicitement (0 €) pour éviter toute ambiguïté.

Obligatoire

Total effectivement encaissé

La quittance doit mentionner la somme totale réellement perçue par le bailleur. C’est ce montant qui atteste que le loyer a bien été réglé dans son intégralité.

Fortement recommandé

Date d’émission de la quittance

La loi ne l’impose pas formellement, mais la date d’émission est attendue par la très grande majorité des organismes. Son absence peut conduire à un refus du document.

Fortement recommandé

Signature du bailleur

Non imposée par la loi, mais exigée par la CAF, de nombreuses banques et certains employeurs. Une quittance non signée est souvent refusée en pratique, même si elle est légalement valide.

Recommandé

Adresse du bailleur

Pas obligatoire, mais utile pour identifier le propriétaire en cas de litige ou de démarche administrative impliquant les deux parties.

Règle d’or : une quittance ne peut être remise que si le locataire a payé la totalité du loyer et des charges. Pour un paiement partiel, le document à établir est un reçu, et non une quittance. Cette distinction est fondamentale : remettre une quittance pour un paiement incomplet revient à certifier que le mois est soldé, ce qui empêche toute réclamation ultérieure.

Tableau récapitulatif : obligatoire, recommandé ou facultatif

Pour aller vite, voici l’ensemble des mentions classées selon leur niveau d’exigence légale et pratique.

Mention Statut légal Accepté sans cette mention ?
Nom du bailleur Obligatoire Rarement
Nom du locataire Obligatoire Non
Adresse du logement Obligatoire Non
Période couverte Obligatoire Non
Loyer hors charges (montant distinct) Obligatoire (art. 21) Non
Charges récupérables (montant distinct) Obligatoire (art. 21) Non
Total encaissé Obligatoire Non
Date d’émission Recommandée Souvent refusé
Signature du bailleur Recommandée Souvent refusé (CAF, banques)
Adresse du bailleur Facultative Oui, en général
Durée conseillée de conservation Facultative Oui

Cas pratiques : quand une mention manquante pose problème

Demande d’APL à la CAF

La CAF exige une quittance signée, avec le loyer et les charges distingués, et la période explicitement mentionnée. Un total global non ventilé est systématiquement refusé.

Justificatif de domicile

Pour une demande de carte d’identité, passeport ou ouverture de compte bancaire, l’adresse du logement doit figurer en entier. Une quittance sans adresse complète est irrecevable.

Dossier de location

Un futur bailleur qui demande des quittances récentes attend une date, un nom et des montants précis. Une quittance sans date ou sans signature fragilise considérablement le dossier locataire.

Litige avec le locataire

En cas de contestation d’impayé devant le tribunal, seule une quittance correctement remplie constitue une preuve solide. Un document incomplet peut être écarté par le juge.

Toutes ces mentions sont générées automatiquement dans MaQuittancePDF. Aucune information n’est oubliée, le document est prêt à envoyer en quelques secondes.

Erreurs fréquentes qui rendent une quittance non conforme

Regrouper loyer et charges en un seul total

C’est la non-conformité la plus courante. L’article 21 impose deux lignes distinctes. Un total global sans détail est illégal.

Omettre la période couverte

Une quittance sans date de début ni de fin de période est inexploitable. Elle ne peut pas servir de justificatif et peut être contestée en cas de litige.

Émettre une quittance pour un paiement partiel

Si le locataire n’a pas tout payé, le bon document est un reçu. Une quittance remise à tort vaut reconnaissance de paiement intégral.

Ne pas signer le document

Légalement possible, mais risqué en pratique. La CAF et la plupart des banques refusent systématiquement une quittance sans signature du bailleur.

Questions fréquentes sur les mentions obligatoires

Quelles sont les mentions obligatoires sur une quittance de loyer ?

La loi impose : le nom du bailleur, le nom du locataire, l’adresse du logement, la période couverte, le montant du loyer hors charges, le montant des charges récupérables, et le total encaissé. La date et la signature sont fortement recommandées.

La signature du bailleur est-elle obligatoire ?

Non au sens strict de la loi, mais oui en pratique. La CAF, de nombreuses banques et employeurs l’exigent pour valider le document. Il est donc fortement conseillé de toujours signer.

Faut-il obligatoirement distinguer loyer et charges ?

Oui, c’est une obligation légale explicite de l’article 21. Un total global sans ventilation rend la quittance non conforme, même si le montant est juste.

Une quittance envoyée par e-mail est-elle valide ?

Oui, à condition que le locataire ait accepté par écrit de recevoir ses quittances par voie électronique. Le format PDF envoyé par email a la même valeur juridique qu’un document papier.

Que risque un bailleur qui refuse de délivrer une quittance ?

Depuis la loi Habitat dégradé d’avril 2024, le refus injustifié est passible d’un an d’emprisonnement et de 20 000 € d’amende pour un particulier, 100 000 € pour une personne morale.

Combien de temps conserver une quittance de loyer ?

Il est conseillé de conserver les quittances pendant au moins 3 ans après la fin du bail, délai de prescription applicable aux actions en paiement de loyer. Certains praticiens recommandent 5 ans par précaution.